- 19 juin 2024
La science et la peur
- Fanny Froc
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Les Études Scientifiques sur la Peur
Ces deux études sont fortes intéressantes et nous allons les mettre en lien avec un point évoqué dans Définir la Peur : Une émotion universelle. Comme je l’ai dis dans l'article précédent, le sujet a été influencé par ce que j’observe dans mes consultations et mon entourage large : il en ressort quelque chose de commun en ce moment : les gens ont peur. Peur de tout, peur du co*id, peur de la guerre, peur de la crise, peur des prix qui augmentent, peur de l’avenir, peur pour leurs enfants, peur parce que c’était mieux avant, peur de mourir. Rien d’anormal me direz vous. Ok parfait, mais est-il normal – terme qui désigne ce qui est normé, habituel, ordinaire – d’avoir peur de tout, et tout le temps ? Je rappelle que la peur est une émotion de base qui survient dans notre organisme et dont l’objet principal est un prédateur qui met en jeu notre survie dans l’instant présent. Dans toutes les peurs que je vous ai cité, qui est le prédateur qui risque de vous tuer sur le champ ? … Il n’y en a pas, nous sommes d’accord. En tout cas, pas de prédateur bien défini qui nous fait face, là dans l’instant présent et qui menace notre vie juste là (entre nous, s’il était là, alors que vous écoutez ce podcast, vous auriez déjà pris vos jambes à votre cou, ou bien vous seriez en train de vous battre, et là, je serais en train de parler dans le vent !! Mais à priori si vous entendez ces mots, ce n’est pas le cas !)
Donc revenons au prédateur défini : et bien, il n’y en a pas ! Et s’il n’y en a pas, comment pouvons-nous donc réagir ? Fuir ou se battre ? Mais se battre contre qui, puisqu’il n’y a personne face à nous… Fuir ? Mais comment fuir loin du prédateur si on ne sait pas où il se cache… Que reste-t-il alors ? Il reste la 3ème voie, à savoir l’inhibition… Et ceci EST le réel problème. Car l’immobilisme n’est pas la vie. Et même l’immobilisme est la mort. Si un tissu ne bouge plus, il meurt, c’est le cas pour les escarres, si une articulation ne se mouvoit plus, le cartilage meurt et se transforme en os, l’articulation finie par se rigidifier…
Reprenons une des études scientifiques vue plus haut : la peur diminue si nous avons conscience de ce qui nous fait peur. Alors pour chaque peur, celles que je viens de citer, et les autres, prenons le temps de les regarder, chacune, de la mettre en mot, de la délimiter. Qui est-elle ? Que fait-elle ? Comment agit-elle ? Est-elle présente là face à moi ? Est-elle dans un futur anticipé (de façon anxieuse) ? Comment fonctionne-t-elle ? Quelles sont ses points faibles ? Comment m’en protéger ? Comment prévenir ou éviter son arrivée ? …
Laissez diffusez ses questions et des réponses vont venir, votre pensée se met en action, et déjà là, la peur s’estompe. C’est parfait continuez. Voici déjà une des clés pour sortir de la peur.
Si vous voulez savoir comment éradiquer la peur de votre vie, écouter l'épisode 11 du podcast J'peux Pas J'ai Lune
Sachez une chose, la plupart des peurs possèdent une propriété commune (sinon ça ne serait pas une peur !) c’est la propriété de pouvoir être surmontée. C’est magnifique ! La solution EST dans le problème !! Et en effet, vous l’avez surement expérimenté, mais il suffit souvent de surmonter une peur spécifique une fois pour la faire disparaître définitivement. Encore une fois, j’ouvre une parenthèse, je ne parle pas là des phobies, ou de l’anxiété, qui n’ont rien à voir avec la peur. Je ferme la parenthèse. Cette aptitude à diminuer sa peur et à gagner en courage constitue un processus de maturation de l'esprit et de l'individu qui continue durant toute la vie. Puisque à chaque âge ses peurs, et cela est normal, et pour rappel, la peur permet de conserver la vie.
D’ailleurs nombres de sociétés ont considéré comme un devoir pour un humain d'être capable de surmonter sa peur. Il existe en effet dans de nombreuses civilisations des rites initiatiques ou des rites de passage à l'âge adulte, au cours desquels le jeune doit accomplir un acte, a priori, effrayant et lui demandant courage, afin de pouvoir revendiquer son statut d'homme/de femme mature et adulte ou son appartenance à sa communauté. D’autres sociétés ont poussé à l'extrême ces rites et ont fait de la peur, y compris celle de la mort, un objet de rejet et de honte. La peur était alors niée, considérée comme une faiblesse. Ces rites consistaient à utiliser le principe d’habituation pour apprendre à ne pas réagir face à la peur.
Dans nos pays sous nos latitudes européennes, ce type de rites de passage n’existe plus depuis bien longtemps. Aussi, devons nous nous considérer comme des immatures ? Comme n’étant jamais passé à l’âge adulte ? Peut-être… Ou simplement nous considérer comme orphelins face à cette recherche du courage que nous devons gérer seuls.es en l’absence d’un ancien sage pour nous guider ? Est-ce qu’à cause de l’absence des rites de passage cela invite la peur de façon anarchique et démesurée dans nos vies ? Et est-ce qu’on pourrait imaginer devenir victime de nos peurs sans prédateurs définis et ainsi subir l’immobilisme/l’inhibition dans nos vies ? Il en est fort probable… Mais je laisse la question ouverte, afin que vous puissiez cheminer...
Quant à nier la peur, à faire comme si elle n’existait pas, cela revient à nier une partie de soi. En effet, la peur fait partie de la nature humaine, puisque encore une fois, elle est là pour protéger la vie. On ne peut retirer de son être quelque chose qui lui permet d’être en vie. Imaginez enlever votre foie ou votre cœur ! Impossible de vivre sans eux. C’est la même chose pour la peur.
Maintenant que vous avez toutes ces connaissances sur la peur, apprenez à ne pas la laisser vous contrôler en lisant l'article suivant La Respiration élastique : une clé contre la peur.
Fanny pour ACE Formation
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